Discours d’ouverture de l’UFFO part le mimistre Nirua


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M. le Président du Conseil Chrétien de Vanuatu
M. le Représentant du Conseil National des Chefs de Vanuatu
Mme la Présidente du Conseil National des Femmes de Vanuatu
Honorable invités
Mesdames les élues de la municipalité de Port Vila
M. Le Représentant du tribunal correctionnel
Mme la Directrice du département de la condition Féminine
Mme la Représentante du Centre des Femmes de Vanuatu
Mme la Représentante du Bureau de consultation juridique
Mme la Représentante de la cellule responsable de la protection Familiale
Eminentes Présidentes des Associations des Femmes Francophones d’Océanie
            Kanaky-Nouvelle-Calédonie
            Polynésie Française
            Wallis et Futuna ; et
            Vanuatu
Mesdames les responsables des Associations de Femmes au Vanuatu
Chères participantes,
Mesdames, Messieurs,
 
C’est avec un grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue à cette réunion. En arrivant dans cette salle, j’ai été particulièrement impressionné par l’ampleur de la  mobilisation des femmes parce que l’organisation logistique prouve combien elles sont solidaires (vous etes solidaires) autour des préoccupations qui vous  concernent, et je vous en félicite.
 
Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma reconnaissance envers l’Association des Femmes Francophones de Vanuatu pour le privilège qui m’est accordé  pour vous adresser en tant que Ministre responsable de l’Education, de la Formation ; mais surtout en tant que ministre responsable de la Francophonie au pays.
 
Je salue et rends tout d’abord hommage aux associations  membres de l’Association des Femmes Francophones du Vanuatu (AFFV) qui se sont investies dans la préparation et le planning de cette réunion qui aboutit maintenant à l’excellente organisation de cette septième édition de l’UFFO. Vous avez su prouver qu’avec seulement 5 années d’existence et  6 ans d’expérience de participation aux ateliers régionaux de l’UFFO, vous avez investi et du savoir-faire et de l’expérience en matière d’organisation. Je sais que votre budget de travail provient de vos propres moyens, et je voudrais vous saluer toutes pour votre engagement et votre passion à œuvrer aussi bien pour la tenue de cet atelier ; que pour une amélioration constante de la condition féminine globalement au pays et dans la région. Eu égard à cet état de fait, je suis certain et me réjouis d’avance que le débat des prochains jours sera de qualité car animé, instructif et porteur de bons résultats.
 
Sur l’organisation globale de l’Union des Femmes Francophones d’Océanie (UFFO), je voudrais saluer les dirigeantes principales. L’UFFO a été créé en 2011 et regroupe des organisations de Femmes de la Polynésie Française, de la Nouvelle Calédonie, du Vanuatu et de Wallis et Futuna. Elle a pour objectif de promouvoir les capacités des organisations de femmes à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, à briser l’isolement des femmes francophones de l’Océanie, et à soutenir une meilleure intégration régionale et internationale des problématiques de genre des pays et territoires francophones d’Océanie. Je suis informé que depuis sa création, l’UFFO a tenu annuellement des réunions sous forme d’ateliers pour débattre des sujets différents qui touchent aux valeurs et conditions de la femme.
Le but de cette réunion est non seulement d’examiner les projets de réalisations récentes de chacune des Associations, mais aussi, de vous pencher sur la réflexion autour des sujets de préoccupation communs et quotidiens, de partager vos expériences et vos connaissances, en particulier en ce qui concerne le thème choisi ; ‘violence faite aux femmes’. L’appel à l’élimination de la violence faite aux femmes n’est pas seulement un sujet de débat ; mais il constitue surtout un noble devoir pour tous : stratégistes, rédacteurs de politiques de développement, juristes et décideurs politiques. Mais j’ajouterai aussi, que le devoir de faire éliminer cette violence aux femmes comme aux hommes, aux enfants et aux dépourvus ne relève pas seulement des institutions de gouvernance tels le parlement ou le congrès, le gouvernement, les provinces et municipalités ; mais aussi bien des institutions de gouvernance juridique, coutumière, religieuse, communautaire et de la société civile dans son ensemble et à tous les niveaux (local, régional et mondial).
Ce n’est pas une tâche qu’une organisation de femmes peut, ou devrait, accomplir seule. Ceci ressort clairement des démarches d’un travail collectif.  Rien de durable, rien de solide dans la société ne peut se réaliser sans la participation des hommes et des femmes ensemble. C’est une question qui ne doit pas être sous-estimée et qui exige une prise de conscience collective et un consensus à un niveau international plus large.
Bien évidemment, les priorités et les approches diffèrent d’un pays à l’autre. Par exemple, le Centre des femmes de Vanuatu utilise une approche des droits humains pour les femmes et les filles victimes de violence. En Nouvelle Calédonie, l’agence sanitaire et sociale mets en œuvre un programme de formation visant directement les pasteurs pour développer leur capacité à conseiller et intervenir dans leurs fonctions. Mais il y a toutefois un fil commun.
Au niveau du pays, le gouvernement s’est engagé à assurer aux femmes des opportunités égales de participer à la vie économique, sociale et politique de notre pays parce qu’il reconnait le rôle important qu’elles jouent dans toutes les étapes du parcours au développement national. Il a permis l’augmentation du nombre de femmes dans les instances de décisions (au conseil municipal de Port Vila) et cela continuera avec la nouvelle loi adoptée qui attribue des sièges auxfemmes au niveau des conseils provinciaux et même au parlement national.
En tant que seul pays indépendant de l’Océanie francophone, et membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (l’OIF), le pays se doit aussi d’adhérer aux  politiques de développement de cette grande institution et famille francophone internationale, dont voici un bref aperçu (source : le site OIF).   
L’ Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les 80 États et gouvernements qui la composent (57 membres et 23 observateurs). [Dans l’Océanie, Vanuatu est le seul pays indépendant membre de l’OIF. Les autres pays indépendants les plus proches sont le Vietnam, le Laos et le Cambodge en Asie du Sud-est]. Tous représentent quand meme une communauté de destin, consciente des liens et du potentiel qui procèdent du partage d’une langue, le français, et des valeurs universelles.
L’OIF a pour objectif de contribuer à améliorer le niveau de vie de ses populations en les aidant à devenir les acteurs de leur propre développement. Elle apporte à ses États membres un appui dans l’élaboration ou la consolidation de leurs politiques et mène des actions de politique internationale et de coopération multilatérale, conformément aux 4 grandes missions tracées par le Sommet de la Francophonie; qui sont de:
Ø  Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
Ø  Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
Ø  Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
Ø  Développer la coopération au service du développement durable.
Une attention particulière est portée aux jeunes et aux femmes ainsi qu’à l’accès aux technologies de l’information et de la communication dans l’ ensemble des actions de l’OIF.
L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une personne morale de droit international public et possède une personnalité juridique, dont le siège est à Paris (France). Elle a été créée par la Convention de Niamey du 20 mars 1970 sous l’appellation d’”Agence de coopération culturelle et technique” (ACCT).
Derrière ces grandes missions, se dessinent des lignes directives de développement ainsi que des agences et organismes spécialisées institués au pays ; tels la Journée Mondiale de la Francophonie commémorée le 20 mars de chaque année, l’Agence Universitaire de la Francophonie (l’AUF) et l’Association des Femmes Francophones de Vanuatu (AFFV), adhérée a l’UFFO comme membre.
Revenons à l’UFFO maintenant. A mon avis, l’UFFO, qui est un organe compétent à l’échelle régionale, est particulièrement bien placée pour contribuer à promouvoir le bien-être de toutes les femmes d’Océanie, non seulement francophones ; étant donné le réseau régional privilégié francophone qu’elle occupe en Océanie. A ma connaissance, l’UFFO représente une organisation unique puisque, en plus de soutenir les liens d’échanges entre les femmes de la francophonie océanienne et leur émancipation dans le milieu géopolitique et professionnel, elle contribue également au rayonnement de la Francophonie dans la région et sur le plan international.
C’est pourquoi j’estime qu’il est important que l’UFFO continue à jouer un rôle actif dans ce domaine. Mais je vous invite même à réfléchir au-delà des frontières linguistiques et culturelles de la francophonie dans l’Océanie ; et plutôt de proposer des solutions dignes de femmes pacifiques de l’Océanie à la question globale du rôle stratégique et catalyseur que peut jouer l’UFFO pour aider les dirigeants et diverses instances de l’Océanie à éliminer la violence faite aux femmes et aux filles d’ici 2030, selon le calendrier que s’est fixé l’OIF.
Je vous encourage à mener une réflexion approfondie sur les stratégies à formuler, les actions à mener et surtout les solutions à proposer aux décideurs afin de créer les conditions qui permettront aux familles toutes entières, au travers des braves femmes et des filles ; de mener une meilleure qualité de vie dans un environnement de paix, de justice, de reconnaissance, de joie et de convivialité pour tous. Ainsi l’humanité toute entière pourra s’émanciper !
Des conférences comme celle-ci présentent des opportunités uniques d’échange et de partage et je suis certain que toutes les déléguées participantes tireront profit des résolutions que vous  arrêterez vous-mêmes ici, au fil des jours qui suivent.
Mais lors de vos débats sur les sujets thématiques tournant autour de la violence faite aux femmes, permettez-moi de vous avancer quelques points de défi comme pistes de réflexion ; qui vous permettront de vous situer vous, femmes francophones du pacifique par rapport aux autres groupes et organismes luttant pour le droit de la femme. Vous etes richement munies d’idéologies transcendantes et nobles, car elles sont pures et originales ; vous etes aussi munies devraies valeurs océaniennes que sont la modestie, le respect, l’humilité, l’intelligence, la sagesse et le partage ; et  toutes réunies sous l’égide de l’UFFO.
Comment vous, l’UFFO et les Associations locales et régionales qui la composent, vous positionnez-vous par rapport aux autres groupes et organisations nationales, régionales et internationales des femmes ? Quelles valeurs communes partagez-vous avec les autres, et sur quels points forts pouvez-vous vous distinguer des autres ?
            Du point de vue institutionnel, toi Femme du 21eme siècle, comment vois-tu ta place dans le monde moderne et technologique d’aujourd’hui, par rapport au contexte biblique, culturel et coutumier, géopolitique et socio-économique de tous les jours? Quelles mesures prendre pour préserver sa dignité et sa place privilégiée dans notre société de tous les jours ?
Dans le contexte national et régional de l’Océanie, toi Femme Vanuataise et océanienne, comment es-tu liée tous les jours à tes sœurs et frères, à tes filles et fils (qui sont cœurs de ton cœur et chairs de ta chair); et aussi, comment es-tu liée à l’autre noble institution nommée Homme, qui lutte aussi tous les jours pour etre ton meilleur compagnon de route ?
Et dans le contexte de la francophonie : toi Femme Francophone de l’Océanie, comment te positionnes-tu par rapport à tes sœurs et filles non-francophones, de région géographique comme de culture ou de dénomination religieuse différentes?
Je me permets de vous avancer ces quelques pistes de réflexion, car il me semble essentiel avant de débuter vos débats sur un sujet sensible et abaissant qu’est la violence faite aux femmes, de se valoriser en définissant qui vous etes vraiment, vous femmes francophones de l’Océanie; et de déterminer d’où vous etes venues pour ainsi mieux tracer un parcours fiable vers l’objectif de votre réunion en tenant compte des instances existantes, actives ou non autour de l’UFFO. Il y a un dicton de sagesse qui dit : « si vous ne savez pas d’où vous venez, vous ne saurez pas ou vous allez » !
Soyez rassurées que le gouvernement de Vanuatu dirigé par notre Premier Ministre Charlot Salwai Tabimasmas, accorde une importance particulière à la tenue cette semaine de votre réunion de l’UFFO, et au thème à débattre de votre réunion. C’est la raison pour laquelle, le Bureau du Premier Ministre a consenti à la demande de mon Ministère de vous accorder l’usage de ces locaux prestigieux pour que vous soyez élevées et bien équipées à produire un travail de qualité.
En tant que Ministre de l’éducation, de la formation et surtout de la francophonie, je vous accorde tout mon soutien dans vos travaux et vos délibérations ; et je vous encourage surtout à discuter librement et débattre profondément des sujets liés aux droits et à la protection de la femme dans l’Océanie. Je me ferai le devoir privilégié d’apporter les résolutions de vos travaux à l’attention du gouvernement de Vanuatu par le biais du ministre de la condition féminine ; ainsi qu’auprès des instances de l’OIF comme il se doit. Soyez surtout rassurées que nous, dirigeants de ce pays, EN TOUTE SOLIDARITÉ, NOUS NOUS JOIGNONS A VOUS LES FEMMES DU PAYS ET DE LA REGION POUR CONDAMNER LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES ET AUX FILLES ! J’exprime le vœu du Ministère de la Francophonie au Vanuatu que l’AFFV et l’UFFO fassent partie des instances innovatrices qui apportent des solutions au sujet des droits de la Femme comme de l’Homme et à l’élimination de la violence faite aux Femmes.Gardez un esprit serein dans vos propositions de solutions et tentez de vous distinguer des autres organes de revendications toujours dépositaires de pétitions ou plaintes animés pour la plupart des cas observés de divisions internes inutiles. 
Pour conclure, et ouvrir cette semaine de travail, je souhaite, en tant que Ministre de la Francophonie, qu’au terme de cette réunion vous soyez en mesure de dire que vous méritez aussi votre place au centre de l’attention. Je formule le vœu que l’UFFO soit un vrai véhicule d’émancipation pour la femme et la fille ; et de développement pour les pays de l’Océanie !   
Je vous remercie de votre attention et vous exprime mes meilleurs vœux de réussite à cette réunion.
Sur ces mots, l’honneur et le privilège me reviennent maintenant de déclarer les sessions de travail de l’Atelier de l’UFFO 2016, ouvertes !
 
 
 
 
 
 
Annexe
LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES: PRIORITÉ POUR LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE (ODD)
(EXTRAIT DU JOURNAL DE L’OIF)
L’OIF a mobilisé ses États et gouvernements membres en organisant une concertation francophone de haut niveau sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, le 15 mars 2016, en marge de la 60e session de la Commission de la condition de la femme (CCF) du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).
Cette concertation fait suite à l’adoption en 2010 d’une « Déclaration francophone sur les violences faites aux femmes » et en 2013 du « Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles » qui constituent des instruments majeurs pour les pays membres de l’OIF en faveur de la mise en place de structures de gouvernance effectives et responsables pour mettre progressivement fin à ce fléau.
La présidence de cette concertation était assurée par Madagascar, pays hôte du XVIe Sommet de la Francophonie en novembre prochain, représenté par Mme Onitiana Realy, Ministre de la population, de la protection sociale et de la promotion de la femme.
Une réalité toujours préoccupante
Dans le cadre de la coopération existante entre ONU Femmes et l’OIF depuis 2012, Yannick Glemarec, Directeur exécutif adjoint aux politiques et aux programmes d’ONU Femmes, a rappelé que, bien loin de reculer, les violences faites aux femmes sont multiples et toujours largement présentes à l’échelle mondiale. Malgré des avancées indéniables, cette lutte ne saurait s’arrêter aux conventions et législations actuellement existantes. La question de sa mise en œuvre reste entière, tel que souligné par Stefan Tafrov, Représentant permanent de la Bulgarie auprès des Nations unies et Président du Groupe des ambassadeurs francophones.
Responsabilité des États
S’exprimant au nom de la Société civile, Kafui Adjamagbo Johnson, Directrice exécutive du Réseau « Femmes, droits et développement » et membre du Réseau francophone pour l’égalité femme-homme, a émis un vibrant témoignage appelant les États à accroître leur engagement en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Représentant le Comité pour l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes, Nicole Ameline et Nahla El Addal Haidar ont chacune pu rendre compte, à titre d’expertes, de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Elles ont notamment insisté sur la nécessité de lever les réserves qui restent encore trop nombreuses et incompatibles avec une véritable mise en œuvre de la Convention
Une « Francophonie des solutions »
Dans le contexte des nouveaux objectifs de développement durable (ODD), cette concertation a été l’occasion d’échanger sur les moyens concrets de prévenir et d’éliminer les violences faites aux femmes et aux filles à l’horizon 2030. Un accent particulier a été mis sur l’importance de rendre disponibles le financement et les ressources publiques adéquates pour la concrétisation des engagements des États et gouvernements membres. En outre, cette concertation a permis de partager des expériences concrètes et des initiatives innovantes notamment du Canada-Québec, avec Mme Lise Thériault, Vice-Première Ministre et Ministre de la Condition féminine, et de Madagascar, avec la Ministre Mme Onitiana Realy. Ces échanges ont mis en lumière les possibilités de collaboration, de mobilisation et d’actions pour la Francophonie dans le domaine. Eyoum Minono Epoube, Présidente du Réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, a mis en lumière la nécessité d’une plus large coordination à tous les niveaux appelant ainsi les gouvernements, les parlementaires et la société civile à travailler ensemble à rendre cette lutte plus effective.
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